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13.05.2008

LES OGM

mardi 13 mai 2008
OGM : dernier acte cette semaine à l'Assemblée
Les députés doivent adopter, en dernière lecture, un texte qui a révélé de profonds désaccords jusqu'au sein de la majorité.
Depuis un an, cela aura été le moment parlementaire le plus chaud. Le projet de loi sur les OGM a mis en lumière le décalage entre l'opinion, majoritairement opposée aux cultures génétiquement modifiées, et la droite largement favorable.

Il a confirmé le désaccord entre la gauche - tout au plus ouverte à des cultures expérimentales en milieu clos - et les tenants d'essais et de cultures en plein champ pour des raisons d'urgence scientifique et économique.

Une issue prévisible

À travers la passe d'armes entre Nathalie Kosciusko-Morizet et son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo, qualifié de lâche, il a montré les ambiguïtés du sarkozysme dans un débat supposé concilier les engagements du « Grenelle de l'environnement » et la nécessité pour la France de ne pas se laisser distancer par les multinationales des biotechnologies. On a même vu deux sénateurs du même parti et du même département, les UMP de la Manche Jean-François Le Grand et Jean Bizet, s'affronter avec des arguments inconciliables largement dus à notre méconnaissance des effets possibles des OGM.

Ces désaccords ont proliféré sur un terrain pollué par une méprise originelle. Le texte devait organiser la coexistence entre les cultures génétiquement modifiées et les surfaces traditionnelles ou bio pour mettre la France au diapason des directives européennes. Exploitée par les écologistes, la gauche et quelques UMP d'un côté, la droite et des milieux économiques de l'autre, la question, qui n'était plus celle posée, est devenue : la France doit-elle ou non autoriser les OGM ?

En plein psychodrame, le gouvernement a, dans le plus grand cafouillage, laissé voter un amendement du député communiste André Chassaigne imposant de telles précautions techniques, sanitaires et de transparence que la culture des OGM, admise sur le papier, devenait impossible dans la réalité.

Pour y mettre fin, l'Élysée et l'UMP ont alors accouché d'un correctif, voté en seconde lecture au Sénat, mais sans la gauche qui a déserté l'hémicycle en pleine nuit, en signe de protestation.

C'est ce texte, amendé et réamendé, qui revient aujourd'hui et demain devant les députés pour une ultime lecture dont l'issue ne fait plus guère de doute. Après tant de difficultés, il est prévisible, en effet, que la majorité n'osera plus accepter la moindre modification qui relancerait la polémique. Hier, le député UMP du Maine-et-Loire, Marc Laffineur, a invité les députés à ne pas céder aux anti-OGM qui feront « une chaîne humaine » autour de l'Assemblée nationale


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