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24.06.2008
LE RIZ AU SENEGAL
jeudi, 19 juin 2008
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Sénégal et riz
Christian, vous êtes en direct du Sénégal, au fin fond de la vallée du fleuve du même nom, une vallée qui offre un potentiel de développement agricole assez extraordinaire alors que les prix alimentaires flambent...Oui, le fleuve Sénégal est l'un des rares fleuves en Afrique qui est en eau toute l'année, cela grâce à 2 barrages, ce qui permet d'irriguer 60.000 ha. Seulement 60.000 ha alors que les experts de l'AFB (l'Agence Française du Développement) jugent que pas moins de 240.000 ha de terres sont irrigables à partir du fleuve. Un potentiel énorme qui pourrait permettre au Sénégal de s'affranchir pour l'essentiel des importations de riz, thaïlandais principalement, et de plus en plus coûteuses, on le sait, de par la flambée des cours des produits alimentaires. Car le Sénégal dépend à plus de 80% de l'étranger pour le riz, qui est pourtant l'alimentation de base (le Sénégal n'en produit que 150.000 tonnes par an sur une consommation nationale de 800.000 tonnes). On en consomme ici 75kg par personne et par an !La production de riz de la vallée du fleuve Sénégal pourrait atteindre 560.000 tonnes et couvrir à elle seule 70% des besoins pour peu qu'elle soit aménagée. La flambée des cours du riz, que les spécialistes considèrent comme durable, rend maintenant compétitive cette production au Sénégal. Il y a là une opportunité à ne pas manquer, d'autant que la population est appelée à croître fortement.Le seul obstacle à surmonter c'est celui de l'attribution des terres. Les terres relèvent des villages qui manquent de bras et qui préfèrent souvent laisser leurs terres en jachères plutôt que de les attribuer à des personnes venant de l'extérieur, par peur de perdre leur droit coutumier. Un obstacle auquel l'Etat sénégalais est en train de s'atteler, d'autant plus que les bras ne manquent pas dans le delta du fleuve ou faute de terre et donc de travail, une partie de la population ne voit pas d'autres issues que l'émigration.L'aménagement de la vallée du fleuve Sénégal constituerait une étape importante vers l'indépendance alimentaire.Au-delà du Sénégal, c'est toute l'Afrique qui doit transformer le formidable défi de la hausse des prix agricoles en une chance pour un développement économique durable, car plus les produits sont consommés près de leur lieu de production, mieux vaut également pour la planète
07:15 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE







