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29.06.2008
les agriculteurs défendent le littoral
vendredi 27 juin 2008
Des agriculteurs pour contrer la vague immobilière
Le littoral est fragile, comme ici, entre Arromanches et Ouistreham sur la côte du Calvados. : Jean-Yves Desfoux
Ils aident le Conservatoire du littoral à préserver certains des plus beaux sites français.
Sur la Côte d'Azur, un milliardaire russe a proposé 600 000 € pour un hectare de terre non constructible. Le littoral français vit sous la menace de la double vague du tourisme et de la spéculation immobilière. Dans certaines régions, c'est déjà trop tard. Ailleurs, le Conservatoire du littoral fait le forcing pour préserver les plus beaux sites français.
Créé en 1975, il contrôle 660 kilomètres de côtes, soit 12 % du littoral. Il voudrait porter ce pourcentage à 30 % en 2050. L'acquisition de terrains ne suffit pas toujours. La restauration des milieux naturels est également l'une des priorités du Conservatoire, qui consacre les deux tiers de son budget pour l'acquisition et le reste pour la restauration. Pour entretenir ces espaces fragiles, le maintien d'exploitations agricoles est l'une des solutions retenues.
« La pression foncière fait exploser les prix des terrains et chasse l'activité agricole. Notre rôle, pour protéger le littoral, est de mettre hors marché un certain nombre d'hectares. L'agriculture entretient et empêche la friche. Il est alors nécessaire de définir une doctrine agricole propre aux terrains dont nous sommes les propriétaires », analyse Emmanuel Lopez, directeur du Conservatoire du littoral. L'idée est de laisser se développer des pratiques agricoles permettant le maintien ou, mieux, le développement de la biodiversité. « Nous savons que certains usages agricoles ont des effets très positifs. »
Six cents agriculteurs, sauniers, fermiers aquacoles sont, aujourd'hui, sous contrat avec le Conservatoire du littoral. Le pâturage représente 80 % des surfaces exploitées. La vigne, l'apiculture, les productions liées à la mer sont bien représentées. « À la notion d'obligation de moyen, nous devons substituer la notion d'obligation de résultat. Nous libérons le foncier des baux de longue durée, pour faciliter la transition, sur un laps de temps de cinq à dix ans. Il s'agit de mesurer les effets positifs sur la biodiversité et sur l'insertion paysagère en dix ans », rappelle Michel Lopez.
07:30 Publié dans DEVELOPPEMENT DURABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane







