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27.07.2008
DECHETS ET NATURE
Informations Générales
mardi 22 juillet 2008
Des espaces verts fleurissent sur les déchets
Transformer un site pollué en parc ? L'expérience, audacieuse, est menée dans quelques sites en France.
Pendant cinquante ans, elle a accueilli les déchets de toute la ville. Aujourd'hui, l'ancienne décharge de Caen a fait place à la Colline aux Oiseaux, ses 17 hectares de jardin et sa roseraie. Comment cet « énorme tas d'ordures fumant, haut de 20 mètres », selon Jean Notari, maire adjoint (PS) en charge des espaces verts, est-il devenu un parc aux 380 000 visiteurs annuels ?
En 1974, son prédécesseur, Franck Duncombe, élu au sein d'une municipalité de droite, propose de réhabiliter la décharge, fermée depuis deux ans. De 1980 à 1992, terrassement, apport de terre et plantation d'arbres se succèdent. Le parc sera inauguré en 1994. « On a juste enterré les ordures ménagères », rappelle Jean Notari. Selon lui, « il n'y avait pas de métaux lourds, de choses trop polluantes ».
Les travaux ont coûté plus de deux millions d'euros à la ville. Au ministère de l'Écologie, on applaudit, sans pour autant apporter de soutien. « Notre priorité reste les urgences sanitaires : les lieux pollués où vit une population sensible. »
Des initiatives isolées
La mairie de Caen dit recevoir des appels du monde entier concernant la Colline aux Oiseaux. Mais ces réhabilitations sont contraignantes. Lors de la cessation d'activité, c'est à l'exploitant de « remettre le site en état », selon la législation. Un travail d'environ trois ans, étude et travaux inclus, en fonction de l'usage futur du site et des substances présentes. « Pour un espace vert, les endroits les plus sensibles ne seront pas les zones de promenade, mais les aires de pique-niques et celles dédiées aux enfants », explique le responsable du ministère.
Aujourd'hui encore, l'équipe qui entretient la Colline aux Oiseaux doit veiller à ne pas faire émerger les pollutions enfouies. « On est attentif à ne pas creuser trop profondément lorsqu'on installe des équipements, par exemple. Et on entretient le parc avec des méthodes biologiques. »
Un long travail de persuasion
Avant la transformation d'un site pollué, il faut convaincre. Aux terrils du Nord-Pas-de-Calais - vestige de l'activité minière de la région - l'association la Chaîne des terrils en a fait l'expérience. « À la fermeture, dans les années 1980, personne ne voyait l'intérêt de les restaurer. Leur connotation était tellement négative que les houillères voulaient tout raser. Nous avons dû nous battre pour préserver ces traces d'exploitation », se souvient Myriam Masson, en charge du tourisme au sein de l'association.
Promouvoir les friches pour développer le tourisme ? Un pari réussi. L'association accueille 22 000 visiteurs par an sur une vingtaine de terrils, souvent propriétés des collectivités, où elle mène des activités pédagogiques. Un nouvel écosystème s'y développe. Le terril le plus haut d'Europe, à Loos-en-Gohelle, sert d'observatoire aux migrations des oiseaux.
Gaëlle FLEITOUR.
OUEST FRANCE
06:20 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE







